Hyper réel et simulacres
Dans les années 1970, grande période de « L’aide au développement », On (les pays se proclamant « développé ») comprenait l’intérêt d’effacer les dettes des pays désignés « sous-développés » car, implicitement, On savait que si on ne le faisait pas, On se privait de consommateurs. Gunnar Myrdal et Tibor Mende (plus quelques autres) savaient que « l’aide au développement, ce sont les pauvres des pays riches qui aident les riches des pays pauvres ». On n’a plus d’humanistes dans les instances internationales, que des politiques préoccupées de leur survie en s’abritant derrière une pseudo science exacte : l’économie !
Dans cette économie factice qui est la financiarisation, et qui fait comme si le capitalisme pouvait survivre au néolibéralisme, des ratios classent aujourd’hui la Grèce dans les pays émergents. Dans le même temps, On fixe des exigences d’une autre planète. Jusqu’à quand On pourra faire semblant de croire que la solution du problème est politique et non économique. Beaucoup de spécialistes s’accordent pour mettre en évidence l’importance géopolitique de la Grèce. Tous (soyons fou !) les experts s’accordent à reconnaître que le tissu économique grec est très particulier et exige beaucoup de temps pour atteindre les niveaux que la Commission européenne exige.
Une dette n’est pas faite pour être remboursée : une dette est faite pour être due *. Quand nous accordons du crédit, nous savons que, si nous prêtons de l’argent, nous avons des chances de retrouver cet argent avec un intérêt, au moins la reconnaissance de celui ou celle à qui nous avons prêté. Si la Grèce n’était pas digne de crédit, ce qui semble le cas aux dires des experts analysant son système économique, pourquoi On lui a prêté de l’argent ?
Le problème grec n’est pas un problème de la Grèce, c’est l’indicateur d’une urgence psychanalytique pour l’Europe, le FMI, bref les systèmes basés sur la financiarisation. Et, mélangeons volontairement tout : gardons présents à l’esprit l’étude de OXFAM (1 % de la population de la planète possède 90 % des ressources) et que Monsanto fait des OGM un problème alimentaire et de botanique !
Les pauvres des pays riches aident toujours les riches des pays pauvres, mais les pays riches se sont appauvris (endettés) et ont besoin de leurs propres pauvres pour les aider. Pourquoi la France est-elle tellement préoccupée d’aider la Grèce ? Mais par humanisme, voyons !
* Pour les personnes intéressées, lire dans mon bouquin Droit de l’OHM et devoir d’humanité (2014), Traverse 7 : Sophisme et schizophrénie(s) (pp.72-3).
Le moment approche où nous ne pourrons plus ignorer le concept marxiste de « baisse tendancielle du taux de profit ».Aimé Shaman