Pas de démocratie sans Sujets…
J’ai l’intime conviction que pour une part, l’inconscient n’échappe pas à l’Histoire. À l’heure des big data, des algorithmes et du computationnel, sur fond d’idéologie utilitariste, cet inconscient est lésé, amputé du symbolisme : malaise dans l’individuation (et triomphe de l’individualisation).
L’Open data sonne l’épuisement définitif du politique entendu comme l’élaboration de projets soumis à la délibération démocratique, et glisse vers une régulation algorithmique, automatisée et sans signataire de la vie publique. Le dessein consiste désormais à assurer une gestion la plus efficace au moyen de joysticks imperceptibles, permettant de réagir en quasi temps réel aux conjonctures : « diriger : décider sans gérer. ANT.- Gérer : diriger sans décider. » écrivait avec légèreté et gravité mêlées l’économiste Georges Elgozy. […]. Dorénavant, la puissance de gouvernementalité sur les êtres et les sociétés se situent principalement du côté de l’industrie du traitement massif des données, qui représente le cœur d’une nouvelle forme prégnante et expansive de pouvoir : le TECHNO-POUVOIR. (Sadin, Éric. 2015:198. La vie algorithmique. Critique de la raison numérique).
Alors que les technologies numériques régissent un nombre sans cesse extensif de nos activités, modifiant jusqu’au cadre de la commission humaine, elles n’ont pas fait jusqu’à maintenant l’objet d’examens éthiques à la mesure de leur puissance d’influence indéfiniment croissante. Une éthique de la technique a manqué au cours de l’histoire et manque à notre présent. (Sadin, Éric. 2015:247. La vie algorithmique. Critique de la raison numérique).
Actuellement, une des tâches principales des banques centrales consiste à injecter massivement des liquidités dans les tuyaux. Ces liquidités ne vont pas à « l’économie réelle » (l’existence de cette locution est parlante) : elles vont pour garantir la stabilité de banques too big to fail menacées par les risques qu’elles auront pris sur le terrain de l’économie financière pour offrir des rendements à des acteurs ne voulant pas prendre de risques.
Les liquidités distribuées par les banques centrales contribuent à l’entretien de bulles qui sont structurellement nécessaires pour que perdurent la croyance et les discours sur la croissance et sa relance, masquant temporairement la baisse tendancielle du taux de profit (concernant la mythologie, voir par exemple le livre de Éloi Laurent, qui vient de sortir : Nos mythologies économiques. )
Arrêtez de taper sur Google. Commencez à taper sur Google!Aimé Shaman