Homo  homini  porcus (3)

Homo homini porcus (3)

Toujours au stade du miroir

Yannick Blanc. 2016. Dans l’homme tout est bon homo homini porcus. Sens & Tonka & Cie (suite)

Mais le plus riche filon en termes d’avenir et de retour sur investissement, c’est celui de l’extraction et de la transformation de matière grise. Autrement dit l’économie cognitive de la technocratie. Évaluations et solutions, réhabilitations éparses et partielles, conception de nouveaux modes de vie et de néo-milieux, adaptations et modifications de populations, recyclages, transitions, alternatives, etc. Nous avons tout compté, pesé, mesuré. La prise directe (eau, nourriture, bois, etc.), la régulation (stockage du carbone, filtrage des eaux, fixation de l’érosion), les loisirs, la santé, etc. Nous savons le coût et le prix de chaque fourmi. Nous savons qu’en comptant la pêche, le tourisme, le traitement des eaux, la protection côtière, les massifs coralliens nous rapportent cent 1000 à 10 000 € par hectare et par an ; des milliers d’hectares, des milliards d’euros. Nous connaissons le prix moyen d’un hectare d’eaux et de forêts – 970 € – y compris le bois (90 €), la qualité de l’eau (90 €), les services récréatifs (200 €), la fixation et le stockage du carbone (500 €). C’est facile, il suffit de demander aux numéros combien ils sont prêts à payer, en transports et en droits d’accès, pour se promener dans les bois. Il faut payer pour tout, la gratuité incite au gaspillage. Nous connaissons le prix du Congo : 160 millions de dollars pour l’exportation du bois – 1 milliard pour l’usage local en combustible, un autre milliard pour la viande de brousse que manger locaux, 500 millions pour le rôle de digue contre les inondations que joue la forêt et encore 500 millions pour nos élites locales. Total : 3 milliards de dollars par an pour sauver l’autre «poumon de la planète ». Exorbitant. Mieux vaut laisser le marché de l’air réguler production et consommation. Nous savons qu’il faudra payer 150 milliards d’euros par an la main-d’œuvre et les machines qui feront à la place des abeilles le travail de pollinisation, comme aujourd’hui en Chine. Et alors ? Ce sont des emplois verts, de la croissance verte, du capitalisme vert, un «green New Deal, les syndicats nous applaudiront. Les chômeurs et les «exclus retrouveront leur estime de soi, ils seront provisoirement utiles. Nous savons qu’en 2050, la perte de biodiversité nous coûtera 14 000 milliards d’euros par an, 7 % du produit mondial brut. Un coût marginal, de simples externalités à côté de ce que nous rapporterons les taxes et les crédits carbones, les permis de polluer et de détruire. . (pp.20-21)

Je persisterai jusqu’au bégaiement en répétant que je suis encore dans les délais pour réitérer mes vœux pour l’année 2017 !

France : monarchie républicaine qui se pense « État social » en distribuant à tous pour rendre acceptables les privilèges de quelques-uns.Aimé Shaman