Fatigue dans la société liquide.
En 1998, Zygmunt Bauman Lance le concept de Société liquide. La société liquide ( qu’il préfère à postmoderne) se distingue de la « société solide » où les structures de l’organisation sont créées collectivement. Dans la société liquide, la référence unique est l’individu intégré par son acte de consommation. Statut social, identité ou réussite ne sont définis qu’en termes de choix individuel (fortement suggéré) et peuvent changer rapidement (obsolescence fortement programmée) au gré des exigences du marketing et de la « croissance ». Il définit les relations sociales comme de plus en plus impalpables dans la société actuelle (repris largement de Wiki).
Je lis actuellement un livre de Byung-Chul Han, La Société de la fatigue (Circé). Après avoir noté que la psychanalyse freudienne présuppose la négativité du refoulement, que l’inconscient et le refoulement sont, comme le souligne Freud, corrélatifs dans une grande proportion, Byung-Chul Han écrit (je cite) :
Aucun processus de refoulement et de négation n’est associé aux affections psychiques d’aujourd’hui, telles que la dépression, le burn-out ou le syndrome de déficit d’attention – hyperactivité. Celles-ci renvoie plutôt à une surcharge en positivité ; non pas à la négation mais plutôt à la puissance de dire non ; non pas au verbe ne-pas-avoir le droit–de mais à pouvoir-tout. Ainsi la psychanalyse ne nous permet pas d’accéder à ces affections. La dépression n’est pas la conséquence d’une répression issue d’instances de pouvoir telles que le Surmoi. Chez les dépressifs, pas trace non plus de ce « transfert » qui donnerait indirectement des indications sur les contenus psychiques refoulés.
La société contemporaine de la performance avec son idée de liberté et de dérégulation, démonte massivement les barrières et les interdits qui formaient la société de la discipline. Le démontage de la négativité doit augmenter le rendement. On arrive à une abolition générale des limites et un monde sans barrière voir à une promiscuité générale d’où ne provient aucune énergie de refoulement. (fin de citation)
Le rappel de Zygmunt Bauman et la découverte de Byung-Chul Han me renforce dans mon constat : nous sommes dans le post-post… pas encore affranchis, mais déjà timbrés.