Le coup des coûts vs Le coût des coups

Le coup des coûts vs Le coût des coups

Je reporte ici un extrait de l’article que je viens d’écrire dans le No 62 de Point de Mire (automne 2015) Site Pont de Mire

L’organisation, symptôme de schizoïdie !
Les organisations présentent les symptômes de ce que nous avons appelé par ailleurs « schizoïdie fonctionnelle ». Elles font alors appel à des consultants divers et à des coaches lesquels, en renforçant l’hétéronomie dans l’organisation, contribuent à entretenir une boucle de rétroaction dite « positive » qui renforce alors la contre-productivité.
Nous nous limiterons à l’intervention en coaching. Derrière l’unité du vocable se cache une pluralité de pratiques allant de l’entraînement intensif pour atteindre des objectifs fixés à l’introspection pour la fixation d’objectifs cohérents.
Pour notre part, nous définissons le coaching comme un jeu de questions et de techniques confusionnelles ayant pour but de faire réfléchir la personne coachée sur la cohérence des suggestions qu’elle se fait à elle-même. Il s’agit de lui poser des questions pour la faire « se réfléchir » dans ses propres inférences, pour qu’elle se rende compte par elle-même de ce qu’elle pense et de la cohérence des moyens qu’elle met en œuvre pour réaliser ces objectifs.

Un coaching alibi ?
Le coaching est avant tout, pour nous, une « danse questionnante ». En dehors des questions qu’il/elle se montre capable de poser (ou non), le/la coach appartient (ou non) aux problèmes qu’il/elle est censé-e permettre de dépasser.
Force est de constater que le coaching n’est souvent là que pour permettre de « réaliser la performance », « atteindre les objectifs » au mépris des pathologies diverses que ces objectifs pourraient engendrer et de l’écologie des personnes coachées.
Le recours aux coaches n’est souvent qu’un moyen permettant d’externaliser les responsabilités et de masquer l’incapacité du management, son impossibilité à manager dans un environnement de double-contraintes. Les coaches appartiennent donc bien, dans la majorité des cas, aux problèmes qu’ils sont censés participer à résoudre. (p. 8-9)

C’est ça la société tragique… une société dans laquelle une condition de possibilité d’une chose est aussi la condition de destruction de cette chose. Dans la langue de Platon, ça s’appelle le pharmakon.Bernard Stiegler