L’écran comme miroir (2)

L’écran comme miroir (2)

Préambule : « Pour en finir avec la planète… en beauté ! »Manif à Bruxelles, le 22 janvier

Doutes sur la pertinence de mes vœux… (suite)

Devant mon miroir, toujours dans la peine de retrouver la pureté originelle de ma modestie… la relecture du livre de Jonathan Crary, 24/7. Le capitalisme à l’assaut du sommeil ne m’incline pas à ranger le piédestal sur lequel je me suis installé.

En 2006, des chercheurs de l’université de Cornell publièrent les résultats d’une longue étude menée à partir d’un certain nombre d’hypothèses quant à la réorganisation de la télévision dans les années 1980. les données auxquelles aboutissaient le projet de recherche suggéraient une corrélation entre l’exposition de très jeunes enfants à la télévision et l’autisme. L’un des problèmes cruciaux des études sur l’autisme est expliquer l’augmentation extraordinaire et anormale de la fréquence de cette pathologie à partir des années 1980. Depuis les années 1970, où l’on comptait 1 cas d’autisme pour 2500 enfants, le taux d’incidence a crû si rapidement qu’il affecte depuis quelques années environ 1 enfant sur 150, sans montrer le moindre signe de décrue. Prédispositions génétiques, élargissement des critères de diagnostic, événements prénataux, infections, âge des parents, vaccins et autres déterminants environnementaux sont autant de facteurs à avoir été proposés à titre d’explications possible. La particularité de projet de Cornell était de conférer une extension inhabituelle à la notion de facteur « environnemental » pour y inclure quelque chose d’aussi universel est apparemment inoffensif qu’un poste de télévision. Étant donné cependant que l’usage généralisé de la télévision dans tous les foyers nord-américains remonte aux années 1950, on voyait mal en quoi les différences marquées dans ses effets auraient pu apparaître dans les années 1980. L’étude soutient qu’au cours de cette décennie une série de facteurs sont entrés en coalescence – avec, en particulier, la très large diffusion de la télévision par câble, l’essor des chaînes dédiées aux enfants, la popularité des magnétoscopes et des cassettes vidéo, ainsi que la multiplication de foyers équipés d’au moins deux postes de télévision. Les conditions étaient ainsi en place – et continue de l’être – pour que de très jeunes enfants soient exposés à la télévision tous les jours pendant de longues plages de temps. Leurs conclusions spécifiques étaient relativement prudentes : regarder la télévision de façon prolongée avant l’âge de trois ans peut déclencher un début de trouble chez certains enfants « à risque ».

[…] Indépendamment de ce que des recherches futures établiront ou valideront quant à un lien possible entre télévision et autisme, l’étude de Cornell a mis en lumière plusieurs éléments cruciaux de ce dispositif en terme d’expérience vécue. Pour commencer, elle rappelait l’évidence – à savoir que, de façon croissante, la télévision et les écrans se mettent à faire parti de l’environnement de veille d’enfants de plus en plus jeunes. Mais, de manière plus importante, elle se départ et de l’idée commune selon laquelle la télévision est quelque chose que l’on regarde de façon plus ou moins attentive, pour la traiter provisoirement comme une source de sons et de lumières à laquelle on est exposé. Étant donné la fragilité et la vulnérabilité des très jeunes enfants qui faisaient l’objet de cette étude, cela impliquait de reconsidérer l’exposition en termes de lésions physiques durables sur le système nerveux. (pp.97-99).

Ça commence avec les enfants et ça se poursuit à l’âge adulte, avec la démocratie ! (Voir à ce sujet le livre de Bernard Stiegler La Télécratie contre la démocratie. 2006).

Je me répéterai donc que je me répète, que j’ai toutes les raisons de persister et signer : je suis encore dans les délais pour réitérer mes vœux 2017 !
(Je crois que je vais encore me répéter jusqu’à fin janvier)

Avec la télé, enfant, tu risques l’autisme. Ajoute une tablette, adulte, et tu gagnes le populisme ! Aimé Shaman