L’écran comme miroir (3)

L’écran comme miroir (3)

Aujourd’hui : « Pour en finir avec la planète… en beauté ! »Manif à Bruxelles, le 22 janvier

Doutes sur la pertinence de mes vœux…(Fin ?)

Toujours devant mon miroir, les yeux maintenant embués de larmes… quelques difficultés à la la relecture du livre de Jonathan Crary, 24/7. Le capitalisme à l’assaut du sommeil. Le vent de la mégalomanie commence à gonfler la voile de mon Ego (majuscule).

L’exacte nature de l’attrait psychologique qu’exerce la télévision reste encore à découvrir, et ne le sera peut-être jamais, mais des masses de données statistiques et de faits anecdotiques sont venus confirmer la véracité incontestable du truisme selon lequel celle-ci possède de fortes propriétés addictive. La télévision offre cependant le cas inhabituel d’une addiction à quelque chose qui échoue pourtant à offrir le type de récompense le plus élémentaire propre à engendrer de l’indépendance : elle ne procure pas, même de façon temporaire, de sentiment de bien-être de plaisir intense, ni même la satisfaction, fût-elle brève, d’un engourdissement des sens. […]. C’est là un trait capital de cet ère d’addiction technologique : le fait que l’on puisse vouloir revenir encore et encore à cette sorte de vacuité neutre alors même qu’elle est à peu près dépourvue de la moindre sorte d’intensité affective. […]. Même la dimension quasi addictive de la pornographie en ligne et des jeux vidéo violents paraît très rapidement aboutir à un nivellement de la réaction et au remplacement du plaisir par un besoin de répétition.

La télévision n’était que la première représentante d’une certaine catégorie d’appareils qui nous entourent aujourd’hui et dont l’usage implique une profonde restructuration des habitudes en contexte d’attention diffuse et de semi-automatisme (Tiens ! C’était déjà sur ma carte de vœux. Il faut que je me surveille… je commence [?] à radoter). En ce sens, ces machines participent de stratégies de pouvoir plus vaste dont le but est moins de tromper les masses que de les neutraliser ou les désactiver en les dépossédant de leur temps. […]. L’un des attraits qu’exercent les systèmes et les produits actuels tient à leur vitesse de fonctionnement : il est devenu insupportable d’attendre que quelque chose se charge ou se connecte. Et quand on fait face à des délais ou à cause de temps vide, c’est rarement l’occasion pour la conscience de partir à la dérive et de se défaire des contraintes et les exigences du présent immédiat. Il y a une incompatibilité profonde entre tout ce qui peut de près ou de loin ressembler à de la rêverie et ses priorités d’efficacité, de fonctionnalité et de vitesse.
[…]. Dans le capitalisme 24/7, toute forme de sociabilité qui sort du strict cadre de l’intérêt personnel est inexorablement appelée à dépérir, et les rapports inter humains qui forment la base de l’espace public deviennent parfaitement insignifiants pour notre insularité digitale fantasmatique. (pp.99-101).

J’aurais bientôt fini de me répéter, enfermé dans la certitude d’avoir raison, et répétant déjà à la fin du premier semestre de cette nouvelle année en, pensant à certaines et certains : « Mais pourquoi n’ont-elles _ n’ont-ils pas vu (mégalo mais épicène) ) qu’il fallait m’écouter ? » .

N’étant pas encore à la fin juin, je persiste encore et je signe : je suis encore dans les délais pour réitérer mes vœux 2017 !
(Je pense me répéter une couple de fois)

Avec la télé, enfant, tu risques l’autisme. Ajoute une tablette, adulte, et tu gagnes le populisme ! Aimé Shaman