Le mouvement des Gilets Jaunes envisagés comme un effet secondaire de la gouvernance ? C’est du moins ce qui me venait à l’esprit, à l’époque, en lisant la « Prémisse 4 : postuler la montée en force d’un » citoyen » réduit à lui-même » du livre d’Alain Deneault « Gouvernance ». Le management totalitaire. Comment ne pas voir, dans les mouvements des agriculteurs, une similitude de diagnostic?
Je livre à la réflexion quelques données. Le choix des médias où je suis allé pêcher les articles est bien sûr partial et partiel, mais je suis intéressé à élargir la base de données et à publier les références des sources que me feraient parvenir les personnes dérangées par les miennes (car actuellement, les sources sont un sujet très sensibles – On pourra parler un jour de l’eau bue par les habitants de Vittel et de Nestlé Waters et confrères).
Agroalimentaire : qui croque la PAC ? L’Humanité 30.01.2021. Pia de Quatrebarbes
Dans le numérique, il y avait déjà les Gafam (Google, Amazon, Facebook, Appel et Microsoft). Désormais, l’agro-industrie a ses Basta. Derrière cet acronyme, il y a Bigard, Avril, Savéol, Tereos et Agrial, leurs gros profits, leur gros cheptel et leur grosse capacité à (sur)produire et exporter. Le concept a été inventé par la plateforme Pour une autre PAC, un regroupement de 44 organisations de producteurs, de consommateurs et de défense du bien-être animal.
« Ce sont les vrais gagnants du système. Ils n’ont aucun intérêt à ce que ça change », explique Mathieu Courgeau, éleveur laitier en Vendée et président de Pour une autre PAC. Pour la plateforme, c’est donc une manière de souligner tout ce qui ne va pas dans cette politique européenne. Mais aussi de peser sur la position du gouvernement français. Le 7 avril, le ministre de l’Agriculture doit présenter son plan national stratégique, « ce sont les grandes orientations de la politique agricole commune au niveau national », précise Aurélie Catallo, coordinatrice de la plateforme. Où doivent aller les 9 milliards d’euros annuels de la PAC ? Sûrement pas chez les Basta, ces géants qui ont poussé à l’ombre de la politique agricole commune.
Arnaud Rousseau, «pompier pyromane» à la tête de la FNSEA Reporterre 27.01.2024. Héloïse Leussier
[…] Mais les manifestations, parties d’Occitanie, n’ont pas été initiées par les dirigeants nationaux de la FNSEA. Dans les cortèges, les agriculteurs sont de toutes obédiences ou non syndiqués. « La FNSEA et la Coordination rurale ne maîtrisent plus grand-chose, estime le paysan-agronome Benoît Biteau. Arnaud Rousseau ne sert pas les intérêts de celles et ceux qui manifestent. C’est pour ça qu’ils ont été débordés. En vérité, tout ce que les agriculteurs dénoncent, ce sont les réalisations des gouvernements successifs auxquels la FNSEA est associée depuis longtemps. »
« Quelles sont les compensations pour les petits agriculteurs ? »
L’une des sources du mécontentement des agriculteurs est la disparition progressive, d’ici à 2030, de l’allégement fiscal dont ils bénéficient sur le gazole non routier (GNR). Cette mesure a été annoncée en juin par le gouvernement. S’en était suivi des négociations avec la FNSEA.
À l’automne, le syndicat se montrait satisfait d’avoir obtenu des compensations. Lors de ses vœux à la presse, le 10 janvier, Arnaud Rousseau se félicitait encore que les négociations avec le gouvernement aient permis d’éviter une révolte comme en l’Allemagne. Cela fait dire à Frank Olivier, responsable de la section bio de la Coordination rurale, qu’Arnaud Rousseau est « un pompier pyromane ».
Parmi les compensations dont se félicite M. Rousseau, il y a en particulier un rehaussement du plafond d’exonération sur les plus-values, qui va passer de 250 000 à 350 000 euros de chiffres d’affaires. « On parle ici de grosses exploitations, avec des chiffres d’affaires élevés. Quelles sont les compensations pour les petits agriculteurs ? » fustige Frank Olivier.
À ces revenus agricoles s’ajoutent ceux de la vente d’énergie via l’unité de méthanisation de la société Biogaz du Multien, dont Arnaud Rousseau est le directeur. Et ceux issus de ses responsabilités à la FNSEA. En 2020, une enquête de Mediapart avait révélé que les dirigeants du syndicat se rémunéraient jusqu’à 13 400 euros par mois. Arnaud Rousseau est aussi maire de sa commune, Trocy-en-Multien (Seine-et-Marne), vice-président de la communauté de communes du pays de l’Ourcq et vice-président de la Fédération française des producteurs d’oléagineux et de protéagineux (FOP). […]
« On ne peut pas défendre les agriculteurs et les industriels en même temps »
[…] Mais surtout, Arnaud Rousseau est président du conseil d’administration du groupe alimentaire Avril. Pendant que certains agriculteurs alertent sur leurs conditions salariales (18 % des foyers agricoles vivent sous le seuil de pauvreté en 2018, selon l’Insee), les grands groupes agroalimentaires se portent très bien. Et notamment celui que dirige le patron de la FNSEA.
En 2022, Avril a réalisé des profits records, avec un résultat net à 218 millions d’euros (+45 %) et un chiffre d’affaires historique de 9 milliards d’euros (+32 %).
« La direction nationale de la FNSEA défend les marchés à l’export »
Depuis qu’il a pris la tête de la FNSEA, Arnaud Rousseau répète que ses priorités sont « la souveraineté et la compétitivité ». « N’importons pas l’alimentation que nous ne voulons pas », a-t-il coutume de dire, comme par exemple en juin sur Franceinter, quand il regrettait que la France importe 40 % de ses fruits, 60 % de ses légumes, 50 % de ses poulets. Il est pourtant impliqué dans un groupe qui mise sur les importations pour se développer.
Les annonces récentes de la filiale d’Avril, Saipol, dont il a été membre du conseil d’administration, en sont la preuve. En 2023, Saipol, a annoncé un investissement de 60 millions d’euros dans son usine de Sète (Hérault), dédiée à la transformation de colza et de carinata, une plante exotique, toutes deux importées d’autres continents. À partir de ces plantes, Saipol fabrique des tourteaux pour l’alimentation animale et du biocarburant. […]
Et pour me faire pardonner d’avoir orthographié, éventuellement, faussement « Arnaud », 2 liens pour la route…
À la tête de la FNSEA, qui est Arnaud Rousseau, le businessman qui voulait passer pour un paysan ?

© Le Canard Enchaîné 31.01.2024
Comme Le Pirée n’était pas un homme, le mur de planque ne s’écrit pas comme ça !
Gérard Dairmalin, Ministre de l’Intérieur (Propos recueillis par Aymé Shaman)