Le bourdon et l’analyste

Le bourdon et l’analyste

La dimension tragique

L’analyse psychologique réintroduit la dimension « tragique » encore présente chez les présocratiques et que le Platon de La République a oubliée.En supposant que l’analyste est de qualité, à savoir qu’il se contente d’offrir une présence bienveillante.

En tant que système vivant, l’humain n’est pas fini ou non fini. Il évolue, se développe, maintient ou non son homéostasie (pour la question de la perfection ou non, la question est de savoir qui détermine les critères. Nous avons eu quelques belles tentatives de définition dans l’histoire et il semble que, actuellement, les islamistes ont le projet d’imposer un nouveau prototype).

L’analyse ne renvoie pas l’homme a un « projet » extérieur à lui-même mais aux limites tragiques de sa réalisation en tant que sujet, lui qui garde dans sa tête, ontologiquement, le souvenir de son statut de mortel, dans une situation d’existence qui n’est possible que par/ dans la technique.

Cette dernière étant un pharmakon, tout oubli de cette caractéristique se paye d’un basculement (retour ?) dans le chaos, la démesure et l’hubris. Derrière ce point, la question est de savoir si l’on est plutôt du côté de Descartes ou de Spinoza.

Descartes. L’homme est un empire dans un empire, doué d’un libre arbitre et dont le destin (?) est de devenir maître de la nature. Être de culture, il domine le monde. (Résumé violent).

Spinoza. L’homme appartient au monde. Il n’est pas un empire dans un empire. Il n’a pas de libre arbitre. Sa liberté consiste dans la conscience qu’il a de ses limites (Résumé tout aussi violent).

Personnellement, je me sens plutôt spinoziste et nietzschéen. Descartes, sans les humanités et la philosophie, ça conduit à l’algorithmique et aux calculs où l’on confond la raison dans la rationalisation.

Symptôme du temps : le bruit. Le bruit consiste à se faire remarquer pour masquer qu’on a rien à dire. Et quand on a rien à dire, la première stratégie consiste à dire haut et fort que tout est dicible. Aimé Shaman