Dans une absence totale de morale autre que celle du marché, les notions de Droit et de Devoir sont vides de sens : elles n’entretiennent que l’illusion de vouloir dire quelque chose.
Simone Weil, 1949, L’Enracinement
Sankt Klaus, un Père Noël en Engadine
Le nom de Klaus Schwab est indissociable de celui du World Economic Forum de Davos (WEF ou FEM).
En 1971, Klaus Schwab, professeur d’économie à Genève, organise le premier European Management Symposium, au Centre de congrès de Davos. Il crée le European Management Forum sous la forme d’une organisation à but non lucratif qui invite des dirigeants d’entreprises à Davos, où pour une réunion annuelle, en janvier.
Klaus Schwab développe la « stakeholder management approach », qui lie le succès d’une entreprise au fait que ses dirigeants prennent en considération les intérêts de toutes les parties prenantes, à savoir non seulement les actionnaires et les clients mais également les employés et les communautés au sein desquelles l’entreprise évolue, y compris les gouvernements.
En 1973, après la fin du système des taux de change fixe et la guerre israélo-arabe, la réunion annuelle ne se consacrera plus uniquement aux questions de management, mais elle portera également sur les problèmes économiques et sociaux. Des responsables politiques sont ainsi invités pour la première fois à Davos en janvier 1974.
En 1987, l’European Management Forum est rebaptisé World Economic Forum en 1987. Son objectif est de proposer une tribune pour résoudre les conflits internationaux. Le WEF de Davos devient comme une plateforme neutre susceptible d’aider la diplomatie et les négociations de tous genres.
Il faut noter que, malgré des succès obtenus, « l’esprit de Davos » a toujours permis d’entretenir l’ambiguïté et d’offrir un terrain de jeu aux lobbyistes de tous styles.
Davos : un endroit où Donald Trump peut croiser Greta Thunberg sans la rencontrer !
Il existe une convention un peu tacite entre l’auteur et le lecteur, par laquelle le premier s’intitule malade, et accepte le second comme garde-malade.
Lautréamont, Comte de. Les chants de Maldoror.
Humeur _ Dans Davos et Klaus, y’a -os
En réponse à un mail, il y a quelques mois, d’une personne amie qui me demandait si je connais Klaus Schwab.
Allô allô !
En préambule, j’ai appris qu’un prince Sith était un personnage des personnages du mythique site Star Wars que je ne connais pas, ayant un jour décidé que la réalité dépassait la fiction, pour entretenir mon affliction. Ceci étend dit… j’écris comme ça, car ça risque de ne pas être très court.
Vaste sujet que ce Klaus Schwab (et nous ne parlerons pas du rôle de son père, avant et pendant la guerre, comme représentant de l’industrie suisse auprès du gouvernement allemand bien connu pour ses quenelles).
Pour faire bref, un des effets très positifs du Covid a été d’empêcher le World Economic Forum de Davos de se tenir « en présentiel » ces dernières années. C’est toujours ça de prix (j’écris comme ça, car ça fait plus « marché ») !
Les paresseux qui ne veulent pas consulter les sources et les complotistes * – dont beaucoup se confondent avec les précédents – parlerons de « complot Judéo-maçonnique » ou des Illuminati pour expliquer le succès de Klaus Schwab qui réussi.t.ssait – j’évoque le passé, preuve de mon optimisme – à réunir tous les ans, à Davos, des chefs d’État, des patrons d’industrie, des grands managers, des artistes, etc. pour réfléchir à l’ordre du monde et à son optimisation, moyen facile permettant d’oublier des éventuelles responsabilités dans les dysfonctionnements de cet ordre du monde.
De mon point de vue, Klaus Schwab est une personne bien pratique, pour permettre au système économique de faire croire – et croître – qu’une croissance illimitée est possible dans un monde limité.
Pourquoi de tels pouvoirs, chez un tel homme ? Sans preuves tangibles, j’en suis réduit à émettre des hypothèses qui peuvent me faire approcher dangereusement du complotisme, si j’oublie qu’il s’agit d’hypothèses et non de faits.
Les liens du père de Klaus Schwab avec les industriels et les pouvoirs politiques nazis peuvent constituer des bonnes bases pour démarrer un carnet d’adresses.
Klaus Schwab a été professeur de management à l’université de Genève et membre du comité directeur du groupe Bildenberg – que d’ailleurs beaucoup de complotistes assimilent aux Illuminati, et autre « juiverie internationale », etc., dirigé peut-être encore actuellement par Henri de Castries, ex PDG des assurances AXA et successeur d’une grande figure du capitalisme international, Claude Bébéar – qui représente autant d’occasions d’étoffer le carnet d’adresses.
Parenthèse :
Il ne faut pas oublier que les grandes écoles de management comme l’Insead, en France, l’IMD, en Suisse, trouvent leur origine dans le système de management nazi, la première école de management ayant été créé en Allemagne, après la guerre, par un ex général SS. Pour une analyse détaillée, voir le livre de Johann Chapoutot, historien français, Libres d’obéir. Le management du nazisme à aujourd’hui.
En 1939, on obéissait au Führer pour qu’il accroisse son pouvoir. Aujourd’hui, les libertariens ont également un Führer, à qui il faut obéir et qui s’appelle le Marché (aujourd’hui, on ne tue plus des soldats et des civils pour sauver le Führer ; on sacrifie des ouvriers et des employés pour sauver Le Marché.)
Le groupe Bildenberg a été créé après la guerre, par des industriels, des diplomates et des politiques, pour renforcer les États-Unis et l’Europe « du monde libre », à une époque où le communisme n’était pas encore vu comme un capitalisme d’État.
Fermer la parenthèse.
Trump est allé à Davos pour ne pas croiser Greta Thunberg, le Grand timonier de la reconnaissance faciale est allé à Davos pour faire l’apologie du libre-échange, Madonna est allée à Davos je ne me rappelle plus pourquoi, etc.
Quand tu étais de la jet-set française, il fallait aller chez Régine ; avec Davos, Klaus Schwab a trouvé un moyen de socialiser les pervers narcissiques en personnages importants qui s’imaginent le monde suffisamment simple pour croire qu’il pourrait obéir à leur petit cerveau.
Le monde dans lequel évolue Klaus Schwab, et dans lequel je suis persuadé qu’il n’est qu’un relais, est un monde qui croit qu’un Nouveau Monde peut succéder au capitalisme – après un reset (comme la France pourrait retrouver sa gloire passée, après un grand remplacement) – dans lequel la technoscience pourra toujours assurer la croissance.
Combien de jeunes cadres dynamiques, roulant en Tesla, sont persuadés d’être de grands écologistes. Ils ne savent pas que leur électricité est produite par des usines à charbon en Pologne ; que les enfants, dans le tiers-monde, extraient le lithium, le cobalt ; que Elon Musk est en train de créer une pénurie d’eau, dans le Brandebourg, en construisant son usine à batteries, etc.
Un monde dans lequel l’accumulation monétaire restera la gloire de l’homo œconomicus, un monde où le perdant sera celui qui n’aura pas su faire fructifier son « capital humain », etc.
Les capitalistes sont morts, vive les libertariens ! Ce qui me fait d’ailleurs penser que, si l’on trouve que Klaus Schwab est un grand connard, il faudrait éviter de faire travailler le fonds de commerce de Monsieur Zuckerberg, autre grand… et libertarien, chez qui les consommateurs sont heureux de travailler comme prolétaires en diffusant leurs Like et en consommant sa pub.
Tant que nous dénonçons Klaus Schwab, et d’autres, par les canaux désormais « officiels » que sont les réseaux sociaux, Messieurs Bolloré **, Arnaud **, et d’autres, peuvent dormir sur leurs deux oreilles : le peuple est en état de servitude volontaire – mais ça, ça n’est pas nouveau : Étienne de La Boétie, ami de Montaigne, l’avait déjà écrit dans les années 1450. Seule nouveauté : le rhizome s’est marié avec la pyramide et le contrôle, de répressif, a basculé dans le permissif.
En conclusion, je me permettrai de citer une pensée de ce grand auteur méconnu qu’est Didier Delaleu : « Quand les chemins pédestres suivent les voies ferrées, le peuple est sur les rails ».
J’espère que tu auras été convaincu de tout le bien que je pense – pas seulement – de Klaus Schwab. J’espère qu’une prochaine étape à ce type de dénonciation sera la non-participation des esclaves numériques au chiffre d’affaires des GAFAM en général, et de Facebook en particulier. Mais ça, c’est encore une preuve de mon grand optimisme.
Cette fois, je m’arrête. Je vous souhaite un excellent temps dans l’Ardèche du Sud, région dans laquelle j’espère pouvoir me rendre très bientôt.
À bientôt donc. Bises.
* Comme le disait Michel Rocard : « toujours préférer l’hypothèse de la connerie à celle du complot […] : la connerie est courante, le complot exige un esprit rare. »
** Les prestations de Bolloré et Arnaud, devant le Sénat – Ça doit pouvoir se retrouver sur internet -, ont vraiment été des grands moments de la décrépitude démocratique…
Collage: © OldTownCrier et © HEConomist

Trad. Achèteriez-vous une voiture (d’occasion) à cet homme ?
Apparté
L’oncle Sam, qui est représenté sur mon collage, est accompagné de la légende I want you for US Army, sur le poster original, dont le but est de recruter des volontaires Américains, pour venir faire la guerre en Europe.
En 1916, Woodrow Wilson avait fait campagne sur une position pacifiste, pour assurer sa réélection. Il fallait donc « faire comme si… » pour retourner l’opinion.
Le 14 avril 1917 – les États-Unis sont entrés dans la guerre, le 6 avril – le Comittee on Public Information, plus communément appelé Commission Creel, est créé. Le poster de Uncle Sam I want you for US Army est une « œuvre » de la Commission Creel. Mentionnons déjà que Edward Bernays, neveu de Freud, est membre de cette commission.
Mentionnons encore que Bernays se reconnaissait Walter Lippmann comme mentor ; que le congrès Lippmann, organisé à Paris, joua un rôle important dans la mise en place du néolibéralisme.
Mentionnons également que Bernays publie, en 1928, Propaganda – traduit en 2007, sous le titre Propaganda : comment manipuler l’opinion en démocratie (avec une préface de Normand Baillargeon.
Certaines sources prétendent que ce livre était le livre de chevet de Goebbels. Goebbels lisant les conseils de propagande, donnés par un juif, neveu de Freud ? Avouons que les complotiste ne ménagent pas leurs efforts !
Si ça continue, nous allons finir par retrouver le Pr. Dr. ober Führer du management contemporain, Reinhart Höhn, organisant les séminaires du groupe Bildenberg, avec Klaus Schwab !
Je ne désespère pas de trouver un jour la motivation * d’écrire quelque chose sur les principes énoncés dans le manuel de sabotage publié en 1944 par la CIA pour créer des problèmes dans l’administration et l’atteinte des objectifs du Reich. Il restera alors à expliquer pourquoi certains de ces principes de sabotage sont élevés en règle d’excellence du management, aujourd’hui.
* Je n’ose pas dire « trouver le temps » car j’ai en tête la citation du Pr. Dr. Ober Führer Reinhart Höhn, mise en exergue sur le site de l’Europe .eu. (voir un de mes précédents posts)
La fin « officielle » des colonies ne saurait empêcher la continuation effective des vampires coloniaux
Aymé Shaman
Un de mes amis lecteur – avec pléonasme (pour être lecteur, faut être ami) – me signale que Aimé Shaman écrit désormais son prénom avec un Y. Aurait-il une raison autre que la simple coquille orthographique ? Eh bien non ! Le Pirée, commerçant grec bien connu, avait un stock de Y sur les bras, reliquats d’un surplus de la crise, quand l’Europe tenait, vis-à-vis de la Grèce, à mettre des points sur les I. Aimé décida de l’aider, en lui rachetant son stock, eu égard au rôle joué par son pays, pour la culture occidentale, avant Jésus-Christ. Je peux également révéler une raison cachée : certains philosophes, dont Bernard Stiegler, ont souvent mentionné la nécessité de « bifurquer » et d’illustrer cette nécessité en utilisant pédagogiquement le Y. Aymé Shaman est ainsi prêt à toute bifurcation.