Dans un environnement politique qui fait croire à une alternative entre une droite gauche et une gauche qui se veut pas maladroite, de choisir tant que le vote blanc n’est pas considéré comme une opinion exprimée ?
Jean-Paul Besset, 2005, Comment ne plus être progressiste… sans devenir réactionnaire (Paris, Fayard).
Ni gauche, ni droite? Pour basculer vers la société durable, de qui et de quoi avons-nous besoin? D’une gauche vraiment de gauche et de son projet de redistribution équitable des richesses, d’une droite résolument de droite et de son ambition de libérer totalement les mécanismes du marché au profit supposé d’un enrichissement mutuel?
Notre réponse sera brutale: ni de l’une, ni de l’autre! En dépit de leur opposition historique, gauche et droite se retrouvent aujourd’hui en compétition par rapport au même imaginaire progressiste. Celui d’une croissance destructrice.
D’un même mouvement, elles se refusent à prononcer les mots qui fâchent – décroissance, limites, sobriété, modération, écotaxes – et elles n’envisagent de changements qu’à l’étalonnage des mots usés – modernité, développement, progrès, richesses. Les deux blocs historiques forment un obstacle supplémentaire sur un chemin qui en compte déjà beaucoup et il sera impossible d’avancer tant qu’ensemble ils continueront d’aimanter la société et de fossiliser ses aspirations.
Gauche et droite, campées dans leurs rhétoriques respectives, favorisent l’immobilisme et les conservatismes, elles bloquent les processus de prise de conscience en alimentant des réflexes ankylosés, en entretenant identités et barricades fictives, en tournant obstinément le dos à la nouvelle donne de l’époque.
C’est donc leur mort politique qu’il faut hâter, comme celle de toute force réactionnaire. (Besset, 2005:328)
La tradition s’épuise dans la commémoration, la reproduction dans le duplicata. Aimé Shaman